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Accident de tramway à Montpellier : comment une telle collision a-t-elle pu se produire ?



C’est une première en 19 ans de circulation. Ce lundi 2 décembre un tramway est entré en collision avec un autre sur une ligne droite, non loin de l’arrêt Lapeyronie à Montpellier. 40 personnes ont été blessées. Au lendemain de cet accident si rarissime, les usagers se posent beaucoup de questions :   

Deux tramways qui se rencontrent comme ça, on se demande ce qui a bien pu se passer. Est-ce que le conducteur a été distrait ? Peut-être que le conducteur était au téléphone, on ne sait pas, nous dit un usager.
 

Défaillance humaine ou défaillance technique ? 

Jean-Luc Frizot a été le directeur de la TAM pendant six ans. Selon lui, il n’y a que deux explications possibles :

Pour cet accident quand je parle de système technique, je parle d’un problème de freinage par exemple, ce qui me surprendrait car les rames sont vérifiées avant chaque prise de service, en plus il y a le système de freinage classique et le système de freinage d’urgence. Je pense que le système de freinage d’urgence a dû être actionné par le conducteur, peut-être trop tard, je ne sais pas.

Si c’est une défaillance humaine, je pense que c’est une erreur d’approximation dans la distance à parcourir.

Les tramways ont pourtant été conçus pour éviter l’erreur humaine. Aux côtés des conducteurs, il y a un bouton qui doit être actionné en permanence pour prouver leur vigilance.

Toutes les trois secondes, le système vérifie que le conducteur est capable d’émettre une pression sur ce bouton. Et si jamais il détecte que le conducteur n’est pas en état de conduire, la rame s’arrête automatiquement.

Au niveau technique, les freins sont vérifiés tous les jours, d’abord dans l’atelier puis par le conducteur avant son départ.

Il y a trois systèmes de freinage, le freinage normal, le freinage maxi et le freinage d’urgence.
– Didier Gibele, Responsable des lignes 1 et 3 du tramway

Et quelques soient les circonstances, une rame doit pouvoir s’immobiliser à tout moment.

La sécurité est quelque chose qui est au cœur de la pensée des traminots, nous dit Jean-Luc Frizot. Car en plus des freinages d’urgence, des hommes surveillent en permanence le réseau : 

C’est le PCC, la tour de contrôle du tram, et là des hommes et des femmes surveillent que tout va bien sur le réseau, que tout le système de signalisation est opérationnel et si jamais il y a un franchissement de feu, une alerte est enclenché. Et c’est une alimentation par électricité donc les personnes aux postes de commandes peuvent, si il y a un problème, arrêter le système d’alimentation et ainsi bloquer toutes les rames.

Une enquête est actuellement en cours. Elle permettra de déterminer les circonstances exactes de cet accident si rarissime. 

Le reportage de Valentine Leboeuf et Cécilia Brés 
 

 



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