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Harcèlement scolaire : “je ne venais plus en cours parce que j’avais peur, quotidiennement c’était des insultes”



Sexualité, maladie, vêtements… Le harcèlement scolaire touche 1 élève sur 10. A l’occasion de la journée de lutte contre le harcèlement, Béatrice Gille, rectrice de l’académie de Montpellier, s’est rendue dans différents établissements. L’objectif : sensibiliser les jeunes à cette thématique.

 

 

“Quand je suis revenue à l’école les règles avaient changé”

Les différents ateliers ont permis à certains de se confier sur ce qu’ils ont vécu pendant plusieurs années. Aujourd’hui en seconde, Dovevie a souffert de cette violence à l’école puis au collège : “Je l’ai subi en primaire et au collège, de ma CE1 à ma troisième. J’ai eu une maladie, j’ai été arrêtée pendant 4 mois, quand je suis revenue quelques règles avaient changé comme le goûter, je me le faisais racketter“.

Elle poursuit : 

Je n’avais pas la force mentale ni physique pour intervenir, donc soit je m’isolais, soit je restais proche des adultes pour prendre le goûter. Une fois ça en est arrivé aux mains, J’ai eu des blessures qui ont empiré parce que j’ai reçu des coups de pied dedans.

Dovevie s’est alors confiée à ses proches. Grâce au soutien de sa famille elle s’est inscrite à des cours de self-défense et de taekwendo pour apprendre à se défendre et prendre confiance en elle. Mais aujourd’hui seulement 1 élève sur 10, victime de harcèlement ose en parler à ses parents ou à un proche. Seul face à cette situation insoutenable pour certains, ne plus venir en cours devient la seule issue. C’est le cas de Nathan, harcelé au lycée à cause de son homosexualité
 

J’ai beaucoup vécu le harcèlement dans tous les sens, j’ai été agressé dans les vestiaires, je ne venais plus en cours parce que j’avais peur, quotidiennement c’était des insultes, confie-t-il.
 

“J’essaye de sortir ces phrases de mon cerveau”

Difficile pour lui d’affronter chaque jour le regard des autres. Mais aujourd’hui il tente malgré tout de s’assumer et de se reconstruire. Il ajoute : “je me protège comme je peux, j’essaye de sortir ces mots et ces phrases de mon cerveau pour ne pas en tenir compte. C’est important d’y croire, parce qu’il faut faire évoluer les choses, il faut que les gens comprennent que la violence physique, verbale ou même sur les réseaux ne doit pas exister parce que ici on a la possibilité d’être soi-même“. 

18% des collégiens déclarent avoir subi au moins une atteinte via les réseaux sociaux ou sur leur téléphone portable. Alors pour lutter contre ce fléau qui touche de plus en plus de jeunes, le gouvernement a mis en place un numéro, le 3020, à destination des élèves, des familles et des professionnels qui pourraient y être confrontés.  L’Académie parle de 237 cas de harcèlement déjà repérés sur cette plateforme. Une violence qui concerne en priorité les collégiens mais qui s’étend également chez les plus petits.
 



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