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Ramon Cortès charge sa complice et l’insulte sur Facebook



Au 3e jour du procès en appel de l’assassinat de Rosine Roig en 2013 à Ortaffa (Pyrénées-Orientales), la défense de Sandrine Delporte a diffusé une vidéo Facebook dans laquelle son complice et ex-amant Ramon Cortès relaie les insultes et menaces de sa nouvelle compagne à l’encontre de la co-accusée.


Depuis l’ouverture de leur procès en appel devant les Assises de l’Hérault, Ramon Cortès et Sandrine Delporte se renvoient la responsabilité de la mort de Rosine Roig, enlevée par les deux ex-amants à la sortie de son travail en 2013, tuée d’une balle de pistolet automatique de calibre 7,65 dans la tempe et ensevelie dans une ancienne sablière d’Ortaffa (Pyrénées-Orientales).

Insultes et menaces en vidéo

C’est dans ce contexte que ce mercredi 8 juillet, au troisième jour des débats, la défense de Sandrine Delporte a choisi de diffuser devant la Cour une vidéo publiée sur Facebook le 21 janvier 2020, soit 5 jours après la libération conditionnelle de Ramon Cortès (ce dernier avait été libéré car le délai entre le procès de 1ère instance et celui en appel était trop long).

On y voit ce dernier enlacé avec sa nouvelle compagne (présente parmi le public venu assister au procès), celle-ci proférant insultes et menaces envers une personne qui semble être la co-accusée :

Tu peux crever, te jeter sous un train : je ramasserai ton corps et je le jetterai dans une fosse septique.

La nouvelle compagne de Ramon Cortès

Un lourd silence a suivi la projection

Des propos relayés par Ramon Cortès, qui va jusqu’à entonner une chanson. A l’issue de la projection, un lourd silence s’est abattu dans la salle d’audience. Le président a alors tenté de pousser l’accusé dans ses retranchements :

On vous voit vous vautrer avec votre nouvelle compagne […] et injurier celle qui n’a pas fait appel et qui attendait en prison. Qu’en dites-vous ?

Charles Pinarell, président de la Cour d’Assises de l’Hérault

Mais Ramon Cortès n’en a pas démordu : ces propos ne visaient pas sa co-accusée (qui n’est jamais citée nommément pendant les quatre minutes que dure la vidéo).

La veille, interrogé par nos journalistes sur place Dorothée Berhault et François Jobard, l’avocat de Ramon Cortès, maître Jean-Marc Darrigade, a récusé l’idée que Sandrine Delporte ait été sous l’emprise de son client au moment des faits et que ce dernier ait été à l’origine du projet d’assassinat de Rosine Roig, son épouse à l’époque et la mère de ses trois enfants :

Moi, j’ai du mal à valider cette thèse quand on connaît la force de caractère du personnage de Sandrine Delporte et surtout son degré de compréhension des enjeux : elle avait compris que Ramon Cortès ne quitterait jamais Rosine.

Maître Jean-Marc Darrigade, avocat de Ramon Cortès

Une charge repoussée d’un revers de manche par l’avocate de Sandrine Delporte, maître Iris Christol :

Effectivement, elle craignait de le perdre, elle s’est mise très rapidement sous la dépendance affective de cet homme. Mais il est établi que Ramon Cortès s’est “poussé” tout seul : il a dit à la ville entière qu’il allait tuer sa femme parce qu’elle le quittait et qu’il ne supportait pas de vivre sans elle. Le mobile, le détonateur psychique du passage à l’acte, c’est la jalousie et le départ de sa femme et non pas le fait que Sandrine Delporte ait soufflé sur une quelconque braise : il brûlait déjà de la tuer.

Maître Iris Christol, avocate de Sandrine Delporte

Ramon Cortès, un mari violent envers la victime

Trois mois avant le drame, Rosine Roig avait en effet pris la décision de quitter son mari violent qui l’avait harcelée, menacée et séquestrée à plusieurs reprises. Trois jours avant sa mort à Ortaffa, elle avait déposé plainte à la gendarmerie. Les enfants du couple et des collègues de la victime ont témoigné à charge en début de semaine contre Ramon Cortès.La matinée d’audience s’est poursuivie par le visionnage des photos du corps de la victime et la présentation de l’expertise balistique. Un moment insoutenable pour la mère de Rosine Roig, qui est sortie en larmes de la salle des débats.

Verdict attendu vendredi 10 juillet

En première instance en 2017 à Perpignan, la Cour d’Assises des Pyrénées-Orientales avait condamné Ramon Cortès à 30 ans de réclusion criminelle. En fuite, il ne s’est pas présenté lundi à l’ouverture de son procès en appel et a dû être interpellé. Sandrine Delporte, qui avait écopé de 18 ans, n’avait pas fait appel, contrairement à son co-accusé. Le verdict de ce procès en appel devant la Cour d’Assises de l’Hérault à Montpellier est attendu vendredi 10 juillet.



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