Toutes les news de l'Hérault

Retour à la liberté pour les vautours fauves sauvés près de Montpellier


Quand nous l’avions croisé à la plage, l’un des quatre vautours fauves libérés ce mercredi n’avait pas fière allure. 

Épuisé, il s’était réfugié sur une branche de pin, non loin de la plage du Grand Travers, près de la Grande Motte.
Son escapade à la mer aurait pu mal tourner s’il n’avait pas été secouru par un garde du littoral.
 

 Un phénomène fréquent

Les autres vautours fauves ont été récupérés au bord des plages ou même en ville, sur un rond point cet été. Partis du nid trop toit, ces jeunes oiseaux ont fait comme une sorte de crise d’adolescence.

Ce sont souvent des jeunes oiseaux qui se font piéger par les forts vents et qui s’éloignent de leur lieu de naissance, explique Julie Pierru, responsable unité de soins LPO 34.
 

Quand ils sont arrivés au refuge, ces jeunes vautours fauves étaient à bout de force, affamés. Il leur a fallu  plus d’un mois pour retrouver la forme.

Nous, on leur permet de se reposer et de prendre du poids. Ils ont d’abord été placés dans une petite volière juste pour se nourrir, puis dans cette grande volière pour se remuscler. Ils font leur rééducation eux-mêmes en traversant la volière en volant. 

Les jeunes vautours, né dans l’année, se perdent fréquemment à la fin de l’été. Les bénévoles de la LPO ont l’habitude de les remettre sur pattes.

On donne une deuxième chance maintenant qu’ils sont plus fort plus musclé, ils devraient s’en sortir… Malheureusement, on en a eu un qui est mort : il était dans un état critique de maigreur, son organisme était trop faible déplore la jeune femme.

Ces animaux sauvages pèsent désormais près de 10 kilos et leur capture n’est pas chose aisée comme en atteste ce reportage tourné dans la grande volière du centre de soins de la LPO 34 : 

Le grand jour

Une fois capturés dans la volière, les quatre vautours fauves ont été embarqués dans des grandes caisses pour chien. Puis un convoi de bénévoles a mis le cap sur le cirque de Navacelles, dans l’Hérault.

Arrivé à destination, une foule de gens invités par l’association attendait, appareil photos en main, les stars du jour. 

A l’ouverture des cages, face à cette liberté retrouvée, les vautours juvéniles n’ont pas tous réagit de la même manière  :  échaudés par le vent violent et peut être par le souvenir leur mésaventure estivale, deux d’entre eux ont pris leur temps, tandis que les autres fonçaient vers la falaise et les grands espaces.
 

C’est toujours un moment très fort qu’on attend tous avec impatience,  le relâcher dans l’année,  cela nous fait chaud au cœur explique à voie basse Denis Rey, coordinateur du pôle conservation LPO 34.

 

Lors de leur remise en liberté, certains jeunes vautours fauves prennent leur temps avant de s'envoler. Ils peuvent tergiverser ainsi plusieurs heures, voire plusieurs jours, au bord de la falaise ! / © I.Bris/FTV
Lors de leur remise en liberté, certains jeunes vautours fauves prennent leur temps avant de s’envoler. Ils peuvent tergiverser ainsi plusieurs heures, voire plusieurs jours, au bord de la falaise ! / © I.Bris/FTV

 

Une mauvaise réputation infondée

Ces rapaces viennent des Grands Causses, zone naturelle à cheval sur l’Hérault, le Gard, la Lozère et l’Aveyron qu’ils habitent depuis des siècles.

Chassés, empoisonnés, les vautours avaient disparus dans les années 70. Ces oiseaux mal aimés sont injustement accusés d’être des prédateurs. 

C’est une fausse réputation, on entend parler de prédateur alors que les vautours son en fait exclusivement nécrophages. Ils sont en fait les alliés des éleveurs pour le rôle d’équarrisseurs naturels. Depuis des temps immémoriaux, la vautour est partenaire de l’homme au cœur de l’élevage. souligne Denis Rey.
 

Actuellement dans les Grands Causses, on compte plus de 600 vautours, principalement des vautours fauves.

Cette colonie est le fruit d’un long travail de réintroduction lancé par des ornithologues passionnés il ya une quarantaine d’années. Un programme de réintroduction des vautours, mis en place par le fond d’intervention pour les rapaces dans les années 80, a également permis l’essor de ces vautours fauves.

Leur colonie attire d’autres espèces, comme le vautour Moine ou Percnoptère ainsi que de nombreux touristes. 

 



Source