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TEMOIGNAGE – SETE : la championne du monde de handiski nautique Delphine le Sausse, victime de violences conjugales



C’était il y a maintenant 15 ans. Mais il lui aura fallu du temps pour raconter. Car sa vie n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Entre 2003 et 2005, elle a vécu auprès d’un compagnon violent. Le premier coup c’était une gifle et un gros cocard. Elle a alors le réflexe de lui dire de partir de chez elle mais il est revenu et elle l’a accepté. Mais les coups continuent et au bout de 7 mois elle est sous son emprise. Elle perd son raisonnement.

On a honte d’accepter de se faire frapper. On se sent comme une moins que rien. On perd l’estime de soi.

“Je n’étais pas quelqu’un de soumis mais on se sent fautive d’accepter ça car on entend beaucoup de gens dire que j’aurai dû partir. C’est très compliqué de comprendre ce que peut être l’emprise psychologique. Tant qu’on ne l’a pas vécu on n’a dû mal à l’imaginer. J’ai été victime de quelqu’un qui a su se glisser dans mes failles. Au bout de quelques mois mon compagnon m’a étudié et en a profité pour me faire mal” confie Delphine Le Sausse.

 

 

L’accident dramatique

Et puis un jour de janvier 2004 sa vie va basculer. Après une nouvelle séparation et de nouvelles lettres d’amour enflammées et d’aveux de son ex -compagnon il lui  demande d’emprrunter une pente verticale très raide entre 2 rochers.

J’y suis allée car je savais que j’allais me faire mal et je voulais le faire culpabiliser de me faire prendre des risques et de me mettre en danger.

“Mais il y a eu l’accident très grave puisque je suis devenue paraplégique. Il n’a jamais réalisé. J’ai loupé mon coup ! La rééducation a pris 6 mois. Nous nous sommes séparés mais à ma sortie il est revenu. J’avais perdu confiance en moi et me suis dit que personne ne voudrait d’une jeune femme de 28 ans clouée dans un fauteuil sauf lui car il avait sa culpabilité. Je suis restée quelques mois avec lui. Il a continué à être violent. J’ai pris la décision cette fois-ci de partir et surtout de porter plainte” raconte Delphine le Sausse

Une plainte sans suite 

Delphine Le Sausse porte plainte en mars 2005 à Sète avec des certificats médicaux et des lettres d’aveux de son ex-compagnon. La police est à son écoute mais la plainte n’aboutira jamais.

Le cri de colère

Aujourd’hui Delphine le Sausse est révoltée car elle sait à quel point c’est compliqué de porter plainte pour une femme. Elle, n’est pas restée avec son ex compagnon par peur car elle savait qu’elle avait un travail de pharmacienne, un appartement et la tête sur les épaules. Mais elle pense à toutes ces femmes qui n’ont pas de porte de secours et qui peuvent subir à nouveau les coups de leur compagnon si la plainte n’est pas suivi d’effet.

 Il faut en parler. Seulement 16% des femmes portent plaintes et il y en a qui en meurt. Il faut beaucoup d’énergie pour s’en sortir.

La reconstruction

Aujourd’hui Delphine Le Sausse va mieux. Elle s’est reconstruit. Elle est toujours pharmacienne. Elle fait du sport et elle est mère d’une petite fille, Rose, 4 ans. En révélant cette part d’ombre, elle n’a qu’un souhait : faire reculer les violences à l’encontre des femmes. 



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