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Toulouse : à la recherche de l'ours en peluche le plus réconfortant de France

Quelle taille mesure sa tête ? Quelle est l’épaisseur de son ventre ? De quelle couleur est-il ? Son pelage est-il doux ou rugueux ? Quel est son degré de consolation ? Et surtout, votre ours en peluche est-il plus réconfortant que celui de votre voisin ?
Pour tenter de répondre à toutes ces questions, une grande expérience participative est lancée dans 12 villes de France à l’occasion de la nuit européenne des chercheurs. Une expérience scientifique très sérieuse, mise au point par des chercheurs de l’université de Montpellier qui cherchent à comprendre ce qui rend les ours en peluche réconfortants. 
 

“Wanted : ours en peluche”

L’appel a été lancé il y a quelques jours par l’université fédérale de Toulouse. Les volontaires ont jusqu’au 18 septembre pour venir déposer leur nounours au bureau d’accueil de l’université, le Welcome Desk sur les allées Jules Guesde. Les ours seront ensuite photographiés selon un protocole très précis mis au point par une biologiste à Montpellier pour qualifier au mieux leur couleur.

Un protocole de photographie très précis a été défini par la biologiste Anne-Sophie Tribot. / © Anne-Sophie Tribot

Pendant la nuit européenne des chercheurs, ils seront ensuite étudiés de près par le public venu participer à l’expérience. Ils seront pesés, mesurés et feront l’objet d’un examen morphologique minutieux. Une fois leurs caractéristiques passées au crible, les visiteurs essaieront de mesurer leur dimension affective au travers d’un questionnaire. Les ours participeront ensuite à des matches de nounours face à un lot standard fourni par l’université de Montpellier. L’objectif : déterminer ce qui les rend réconfortants et trouver lequel est le meilleur pour ça. 
 

Montpellier, une université spécialisée dans la peluchologie

Si l’idée peut prêter à sourire, elle est pourtant très sérieuse. Les données recueillies pendant cette expérience menée en direct dans les 12 villes de France qui y participent seront analysées par de vrais chercheurs à l’université de Montpellier. Cette dernière s’est lancée dans la peluchologie en 2010. “Nous sommes même la seule université au monde qui enseigne la peluchologie” explique Thierry Brassac, médiateur scientifique. Ce département de recherche un peu particulier a été créé par le service culture scientifique de l’université dans l’objectif de sensibiliser petits et grands à la classification du vivant. “La science a besoin de mesurer des choses” explique Thierry Brassac “même des choses subjectives. Là, on fait des sciences naturalistes avec un objet imaginaire et non pas vivant mais la démarche est la même et ça nous permet de montrer comment on peut faire de la science au quotidien“. 

Une chercheuse spécialisée dans le réconfort et les émotions chez l’enfant et un biologiste spécialisé dans les critères esthétiques de la biodiversité étudieront ensuite les données récoltées. Un arbre de classification des ours en peluche sera établi ainsi qu’un classement des spécimens en fonction de leur capacité à déclencher des émotions chez l’enfant et l’adulte. Ces données seront publiées sur un site internet dédié. 

Qu’est-ce que le travail d’un chercheur ? Qu’est-ce qu’un protocole scientifique ? Comment intéresser le grand public à la recherche ? C’est en grande partie pour répondre à cette question que la nuit européeenne des chercheurs a été créée par la commission européenne en 2005. Depuis, les universités participantes ne manquent pas d’idées pour vulgariser et et sensibiliser le grand public au travail des chercheurs. Le thème retenu cette année : l’enquête. En Occitanie, Toulouse et Albi y participent. Retrouvez le programme complet ici.